Samedi soir en province
Hier soir, impossible de trouver le sommeil. À quatre heures du mat’, j’étais encore avachi derrière le PC, à cliquer sur des vidéos YouTube sans intérêt, sans voir poindre la moindre envie d’aller me glisser sous les draps. Du coup, un peu désabusé, je poste un tweet tout aussi inintéressant.
Mal m’en a pris.
Dont acte. J’ai regardé cette chose.
Le samedi soir est une presqu’île où « le vague à l’âme » de fin de semaine est attendu comme un ressac. Certains lieux rappellent, comme si besoin était, que l’on peut encore s’amuser, se laisser prendre au jeu de la vie. Parfois ce jeu bascule entre l’insouciance et l’inconscience. Il est courant de rencontrer au croisement d’un faisceau laser et le son d’une musique techno, l’ombre d’une jeunesse en mal de vivre… ou en soif d’amour. Ils ont pour la plupart entre 16 et 20 ans, ils se nomment, Nadège, Ludovic, Stéphanie, Guillaume ou « Gazoil », ils rêvent tour à tour de « leur » samedi soir, celui qu’ils ont imaginé, celui qu’ils ont manigancé. Loin des rumeurs de la ville, ils fabriquent leur souvenir dans deux lieux opposés. Les uns iront à « Vibration », la boîte à la mode, bourrée à craquer chaque fin de semaine. Les autres se retrouveront au » Top club », un parquet de danse, désuet comme il n’en existe pratiquement plus dans les campagnes.
Et comment dire… C’est du lourd : 52 minutes de dépaysement et une phrase culte toutes les 180 secondes. Ça fuse à un rythme hallucinant et je crois que je n’avais pas été aussi condescendament1 mort de rire depuis un moment. Et bon, parfois, ça fait du bien de se moquer un peu des « autres ». Avouez.
« Donc, j’sais pas ça, ce que ça va faire. J’vais ptêt m’en aller. Mais bon, dans dix minutes, y’a les slows, donc euh j’espère que je vais pouvoir… heh… arranger l’coup. Mmmvoilà. »
- Oui, je sais, ce n’est pas un vrai mot. [↩]



























