On m'avait promis la lune…

24 novembre 2009 par Faskil | Print On m'avait promis la lune…

Moon, j’étais vraiment très impatient de le voir. Et après plusieurs rendez-vous manqués avec les salles obscures, j’ai finalement réussi à jeter un oeil hier soir à cette première oeuvre de Duncan Jones, le fiston de David Bowie.

Le pitch ? Sam Bell, un gars seul sur la Lune, employé par une corporation chargée d’y extraire de l’Helium-3, nouvelle ressource qui cartonne sur la planète bleue. À quelques jours de son retour sur Terre après une période de trois ans (avec pour seul compagnie un robot « à tout faire »), Sam commence à halluciner. Il voit des gens. Jusqu’à provoquer un crash en véhicule lunaire alors qu’il s’apprêtait à réparer un « harvester ».

Petit message à ceux qui ne l’auraient pas vu, ne lisez pas la suite. Non seulement, ça tranche, mais en plus, ça spoile allègrement…

Je n’irai pas par quatre chemins, j’ai été énormément déçu. Les premières minutes du film sont réellement alléchantes : réalisation sobre mais soignée, musique envoûtante du fantastique Clint Mansell, ambiance très 2001, j’étais prêt à prendre une claque.

Sauf que non.

Ce que je lui reproche ? En dehors de la musique et l’excellente performance de Sam Rockwell, absolument TOUT.

Déjà, l’intrigue ne tient pas la route une seule seconde. On essaie de nous faire croire que pour exploiter le précieux Hélium-3, la compagnie trouve qu’il est plus économique de générer une armée impressionnante de clones et de monter une histoire abracadabrante à base de souvenirs fabriqués, de communications directes impossibles avec la Terre et autres tarabiscotages invraisemblables. Rien que ça, ça vous plombe le film. On n’y croit pas une seule seconde et cette base sonne atrocement faux, empêchant quiconque doté d’un peu d’esprit logique de se plonger dans l’intrigue.

Sérieux quoi… Alors que manifestement, la technologie est suffisamment avancée que pour fabriquer un robot doté d’une IA relativement impressionnante (capable de semblants d’émotion), on essaie de nous faire avaler qu’il est impossible de concevoir des machines capables de gérer la récolte de l’Hélium-3 de façon autonome, tout ça pour justifier le scénario. Non seulement c’est débile, mais ça flingue du coup tout l’intérêt du film.

Mais à la limite… Fermons les yeux et acceptons le précepte de base. C’est là qu’on se rend compte de l’autre gros problème de Moon : la narration est véritablement catastrophique. La première scène de rencontre entre les deux clones est dénuée de toute émotion forte. Quand Sam découvre son clone dans le véhicule accidenté et le ramène ensuite à la base, ça lui en touche une sans bouger l’autre et il faut attendre une bonne vingtaine de minutes avant qu’il ne pose ENFIN la question au robot, de manière tellement détachée que ça plombe complètement l’effet.

Alors qu’il aurait été intéressant d’amener cette révélation sur l’histoire des clones de manière progressive et diluée, avec un vrai point culminant, Duncan Jones choisit de nous livrer la clé de l’énigme dès le premier tiers du film, de façon très plate, pour enchaîner ensuite sur une suite de scènes inutiles et parfois même complètement ridicules. Genre la partie de ping-pong pour montrer à quel point les effets spéciaux sont trop cool, Sam Rockwell joue contre lui-même, OLOL. Parce que bien sûr, quand on envoie un mec seul sur la Lune, on prend la peine de lui filer aussi une table de ping pong pour qu’il joue avec… euh… bah avec personne en fait, nan, vraiment, c’est logique et pas du tout gratuit.

Le reste est malheureusement à l’avenant et la « réflexion » sur la nature de clone, sur l’esclavagisme déguisé, tout ça passe complètement à la trappe pour ne laisser que des dialogues insipides et sans réelle portée morale.

Bref, grosse (voire énorme) déception pour ma part. Rien ne fonctionne dans ce film, même pas la trame de base. Restent la performance de Sam Rockwell et la musique de Clint Mansell, mais ça fait bien peu de choses au final et ce sont 90 minutes de ma vie que je ne reverrai jamais.

Je ne comprends même pas que toutes les invraisemblances que j’ai relevé sans forcer, personne n’ai tiqué et ne le lui ait fait remarquer au moment où il a essayé de vendre son projet à un studio, tellement ça crève les yeux que ça ne tient pas debout une seule seconde. Et je ne parle même pas des critiques dithyrambiques que j’ai du mal à comprendre. Si au moins cette intrigue bancale avait pu servir à proposer une réflexion intelligente sur le sujet, pourquoi pas. Mais même pas.

Alors, après, peut-être que je n’ai rien compris, peut-être que j’ai loupé l’essentiel, mais pour moi, c’est un ratage sur toute la ligne. Si vous l’avez vu, je serais curieux de savoir ce que vous en avez pensé… Parce que là, vraiment, j’ai beau comprendre l’idée de « débrancher son cerveau », je pense que même un plancton trouverait ça mal écrit.

  • Share/Bookmark

Dans le même genre (ou pas)...

, , , , , ,

 

Réagissez