Un sillon sans fin

Découverte via Neatorama, la section « vinyl: locked groove » de Discogs. Je connaissais bien entendu le principe, disposant moi-même de quelques galettes proposant un tel artifice (dont les deux présentées en vidéo ci-dessous), mais j’ignorais que Discogs avait une section dédiée à la pratique.

Pour les profanes, petite explication de ce qu’est un « locked groove » via Wikipedia :

Most records have a locked groove at the end of each side or individual band. It is usually a silent loop that keeps the needle and tonearm from drifting into the label area. However, it is possible to record sound in this groove, and some artists have included looping audio in the locked groove.

Sorry For Your Loss

Passée relativement inaperçue, probablement parce qu’elle n’est pas diffusée sur un network classique, Sorry For Your Loss est une de mes « claques 2018 » côté télé.

Créée par la dramaturge Kit Steinkellner, la série raconte l’histoire de Leigh Shaw, une jeune femme (incarnée par une Elizabeth Olsen au sommet de son art) contrainte de réévaluer sa vie et ses relations après le décès de son mari.

Si Sorry For Your Loss m’a particulièrement touché, c’est sans doute parce qu’elle traite avec une rare justesse de la difficulté à gérer une dépression, non seulement du point de vue de ceux qui en souffrent, mais également de celui de l’entourage, qui a parfois bien du mal à comprendre les rouages complexes de la maladie.

Sobre, et loin des poncifs du genre ou du tire-larmes facile, la série met en lumière de fort belle manière certaines vérités parfois difficiles à appréhender, et particulièrement l’impression tenace que la motivation exclusive des dépressifs doit être la guérison (ce qui est, dans les faits, loin d’être un objectif atteignable : la plupart des malades n’y parviendront jamais et devront se contenter de « vivre avec »).

Sublime ironie, la première saison a été diffusée en exclusivité sur Facebook Watch. Quand on sait à quel point les réseaux sociaux contribuent grandement à aggraver les symptômes dépressifs chez la plupart des malades, il y a, avouez-le, de quoi sourire.

Carpenters with The Royal Philarmonic Orchestra

Ma première crainte quand j’ai appris l’existence de cet album, c’était d’assister à un massacre. En fan absolu des Carpenters, j’avoue avoir un peu de mal à considérer qu’on puisse, de quelque manière que ce soit, améliorer leurs compositions originales.

Grave erreur ! Cette compilation de « remises à jour » des tubes du duo, supervisée par Richard Carpenter lui-même, et agrémentée de la présence du Royal Philarmonic Orchestra, élève les titres originaux au-delà de leur perfection initiale.

Je vous colle ici un extrait de la chronique de Matt Collar, sur AllMusic, qui traduit parfaitement mon sentiment à l’égard de cette surprenante perle sonore :

Why mess with songs that are largely considered to be perfect just as they are? This, especially in light of Karen Carpenter’s tragic death in 1983. Thankfully, all of these worries are put to rest on 2018’s lovingly constructed Carpenters with the Royal Philharmonic Orchestra. […] The Royal Philharmonic versions simply offer a way for Richard to present these songs in a fresh way that honors his sister, without losing any of the AM pop studio aesthetic that made them so compelling the first time around.

Si vous n’aviez jamais entendu parler des Carpenters (ou, plus probablement, si vous n’aviez jamais vraiment pris la peine de vous intéresser à ce formidable duo), cette compilation est sans conteste l’une des meilleures manières de découvrir leur incommensurable talent.

L’impact des réseaux sociaux sur l’estime de soi

Alors que je suis en ce moment en train de relire l’excellent ouvrage du médecin-psychiatre Christophe André sur l’estime de soi (Imparfaits, libres et heureux : pratiques de l’estime de soi), je suis tombé sur ce papier de CNBC dans lequel la journaliste Christina Farr relate sa « désintoxication » des réseaux sociaux, et les conséquences bénéfiques d’un tel sevrage sur son amour-propre.

Pour ceux qui douteraient encore de l’impact pourtant évident des Facebook et autres Twitter sur notre bien-être…

If I didn’t have anything worthy of a social media post coming up, I felt that I had nothing very important going on in my life. I’d feel a growing urgency to start planning something big or make a change to stay relevant.

Without social media, that pressure melted away. I started to enjoy life’s more mundane moments and take stock of what I have today — a great job, a wonderful community, supportive friends and so on. I could take my time and enjoy it rather than rushing to the finish line.

In short, I started to feel happier and lighter.

Source : CNBC.

Un podcast signé Faskil : le Patreon est ouvert !

Ça y est, après de longues tergiversations, j’ai finalement décidé de céder aux sirènes du mécénat et d’ouvrir mon Patreon personnel.

L’idée, c’est avant tout de permettre à ceux qui ont manifesté l’envie de me soutenir ces derniers mois, de le faire de manière simple et régulière. Et si ça peut me permettre de me payer une bière de temps en temps, c’est tout bénef !

Le premier épisode de Morceaux Choisis, ma première aventure dans l’univers du podcast, remonte à juin 2010. À l’époque, j’avais eu envie de partager mes découvertes musicales dans un format qui me permettait de renouer avec la radio, mon média de prédilection.

Aujourd’hui, huit ans plus tard, la série compte désormais plus de 300 épisodes, et s’est agrémentée de nouvelles déclinaisons, comme 12 Pouces (podcast consacré aux années 80) et The Chill Pill (sélection de musique « chill » et « ambient »).

Pourquoi un Patreon ? Jusqu’ici, je n’avais jamais réellement chercher à monétiser mon travail. Mais des changements plutôt radicaux dans ma vie m’amènent aujourd’hui à reconsidérer cette possibilité.

Que les fidèles auditeurs se rassurent : il n’est nullement question de faire passer ces séries à un modèle exclusivement payant. L’idée ici, c’est avant tout de permettre à ceux qui veulent soutenir ces projets de mettre la main à la poche en toute simplicité, et m’éviter ainsi de prospecter des solutions de sponsoring envahissantes que je n’ai pas spécialement envie de mettre en place.

Les « podcasts signés Faskil » existants resteront gratuits et accessibles à tous.

Intéressés ? C’est par ici que ça se passe ! Merci. 😘

Sept « tips » d’Hemingway pour écrire une fiction

Parce qu’il n’est jamais trop tard, ça y est, j’ai décidé de me lancer dans l’écriture d’une fiction. Enfin, d’une fiction semi-biographique, pour être tout à fait exact.

Du coup, ces sept recommandations d’Hemingway, tirées du recueil de Larry W. Phillips, Ernest Hemingway on Writing, et relayées par Open Culture, tombent à point nommé.

Je les paraphrase ci-dessous :

  1. Pour commencer, rédigez une phrase vraie.
  2. Toujours finir une journée d’écriture quand on sait déjà ce qui va se passer ensuite.
  3. Ne jamais réfléchir à l’histoire quand on n’y travaille pas.
  4. Quand il est l’heure de reprendre l’écriture, toujours commencer par relire ce qu’on a rédigé jusque là.
  5. Ne décrivez pas une émotion, concrétisez-la.
  6. Utilisez un crayon.
  7. Soyez bref.

En dehors du point 6, auquel je risque d’avoir du mal à me conformer (le fait de taper plus vite que je n’écris, et de bosser principalement avec Scrivener, sont parmi les raisons qui l’expliquent), c’est surtout le point 3 qui m’a surpris.

Mais comme l’explique Hemingway, ça a pourtant du sens :

Building on his previous advice, Hemingway says never to think about a story you are working on before you begin again the next day. « That way your subconscious will work on it all the time, » he writes in the Esquire piece. « But if you think about it consciously or worry about it you will kill it and your brain will be tired before you start. »

Je vous dirai si ça fonctionne !

Source : Open Culture.

Réseaux sociaux et dépression

Une étude récente publiée par l’Université de Pennsylvanie, aux États-Unis, établit un rapport de causalité entre réseaux sociaux et dépression. C’est la première fois qu’une telle relation causale (et pas seulement une corrélation) est scientifiquement démontrée.

Et puisqu’on parle des réseaux sociaux, je rajoute également cet autre extrait de CNN, où le journaliste John Vause déplore (à raison, amha) l’avènement des « social justice warriors » et le règne du « politiquement correct ».

Comme disait Aaron Sorkin (par la voix de Wes Mendell, son personnage dans Studio 60) : « Living where there’s free speech means sometimes you get offended ». Et c’est très bien comme ça.

Méfiez-vous de Netflix

Papier et point de vue intéressants de Todd Van Luling sur le Huff Post à propos de Netflix et de sa responsabilité dans la dissémination de « fake news ».

Just because individual users don’t share so-called fake news or problematic content on Netflix as they do on other platforms, that doesn’t mean Netflix isn’t offering what can also be considered “fake news” and problematic content.

Look at the myriad documentaries and docuseries Netflix adds every month, many of which make dubious claims that wouldn’t withstand scrutiny from a fact-checker. (Often, Netflix will deem new documentaries and docuseries as Originals even if it didn’t have a major role in their creation, essentially putting its stamp of approval and ownership on these dubious pieces of journalism.)

Last year, The Ringer examined the various conspiracy documentaries Netflix and its competitors hosted, including multiple films that argued 9/11 was an inside job by the U.S. government. (Netflix has since removed the most troubling examples.) Earlier this year, Slate had a follow-up that examined the less overtly insidious conspiracies Netflix has peddled, such as those involving aliens and the pyramids or powerful cults that rule the world. Many of these documentaries can still be found on the service.

Huffpost via Neatorama.