“This is a journey into sound.”

Samplée par une pléthore d’artistes, d’Eric B. & Rakim sur Paid In Full à Bomb The Bass sur Beat Dis, ou encore Anthrax sur Potter’s Field, cette phrase mythique fait aujourd’hui partie de l’inconscient collectif.

Mais savez-vous d’où vient cet échantillon emblématique ?

D’un disque baptisé (sans surprise) A Journey Into Stereo Sound, publié en 1958 par les labels Decca et London Records. La raison d’être de cette galette : démontrer les bienfaits de la stéréophonie au grand public, à une époque où la plupart des appareils de diffusion familiaux se contentaient encore du mono.

La fameuse voix qui nous accompagne durant cette démonstration d’une demi-heure n’est autre que celle de l’acteur britannique Geoffrey Sumner. Avec une vingtaine de longs métrages à son actif, il était aussi le commentateur des célèbres British Movietone News, un journal d’actualité originaire des États-Unis, puis décliné dans une édition pour la Grande-Bretagne, et qu’on pouvait notamment suivre dans les cinémas entre 1929 et 1979.

Et puisqu’on parle de disques de démonstration stéréo, je vous glisse aussi le non moins mythique Stereo Spectacular Demonstration & Sound Effects d’Audio Fidelity, samplé quant à lui par les Belges d’Hooverphonic, sur le morceau Inhaler.

Productivité et attention

Le New York Times publie un nouveau papier sur mon obsession de ces derniers mois : la productivité. Et pour le quotidien, qui propose un angle peu courant, l’essence d’une meilleure productivité ne passe pas forcément, comme on pourrait le penser, par une meilleure gestion du temps. En vérité, cela passerait plutôt par une meilleure gestion de l’attention.

We live in a culture obsessed with personal productivity. We devour books on getting things done and dream of four-hour workweeks. We worship at the altar of hustle and boast about being busy. The key to getting things done, we’re often told, is time management. If you could just plan your schedule better, you could reach productivity nirvana.

But after two decades of studying productivity, I’ve become convinced that time management is not a solution — it’s actually part of the problem.

Source : The New York Times.

Réseaux sociaux et vie privée, épisode 28981

Entretien très intéressant du New York Times avec Nick Confessore, un journaliste d’investigation qui a beaucoup écrit sur les réseaux sociaux et leur gestion des données personnelles. Il y raconte notamment ce qu’il tire comme enseignement de cette plongée au cœur des Facebook et cie, et dans quelle mesure ses découvertes l’ont amené à changer ses comportements en ligne.

Is deleting Facebook an effective way to protect privacy?

Not in the slightest.

It may interfere with Facebook’s ability to track you as a consumer. But almost every website you visit or app you have on your phone is to some extent tracking where you go and what you do.

Deleting Facebook may not even stop Facebook. Kashmir Hill at Gizmodo has written about “shadow profiles” — dossiers that Facebook builds about people using information it culls from the inboxes and cellphones of their friends, work colleagues and acquaintances. Facebook may know a lot about you even if you never open a Facebook account.

L’homme de l’écume

Parmi les points positifs de mon exil forcé à Bruxelles, les retrouvailles avec Gauthier Keyaerts, mon ancien binôme musical sur BNG, trônent clairement en haut de la liste.

En ce début 2019, j’ai eu l’occasion de collaborer avec lui sur la bande-son de L’homme de L’écume, un projet artistique mélangeant musique, vidéo et lecture, que l’ami Gauthier présentait samedi dernier au Festival Sémaphore, à Moëlan-sur-Mer, en Bretagne.

Pour ceux que ça intéresserait, nous avons mis en ligne la partie musicale de l’œuvre. Un voyage “ambient” inédit d’une quarantaine de minutes à découvrir sur Bandcamp.

Écrit-on différemment sur un écran ?

Intéressant papier du romancier britannique Tim Parks dans le New Yorker, sur l’impact des outils d’écriture et de communication sur notre manière de rédiger.

You learned to be satisfied with what you had. Now you could go on changing things forever. I learned how important it was to keep a copy of what I had written first, so as to remember what I had meant in the beginning. Sometimes it turned out to be better than the endlessly edited version. […]

The mind becomes locked into an obsessive, manic back-and-forth. When immediate confirmation is not forthcoming, there is a sense of failure. Suddenly, the writer, very close to his public, is tempted to work hard and fast to please immediately, superficially, in order to have immediate gratification for himself in return. Curiously, the apparent freedom of e-mail and the Internet makes us more and more conformist as we talk to each other unceasingly.